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Olga Abloutan du Bénin et Abdourahmane Diop du Sénégal : 2 journalistes citoyens à Fin4Ag14
Photocrédit : George Ang'edu

Il y a 2 ans de cela, j’ignorais ce que voulais signifier réellement blogging ou réseaux sociaux. Pourtant, ces outils rythment aujourd’hui mon quotidien. La conférence Fin4Ag14, sur le thème "révolutionner le financement des chaînes de valeurs agricoles" dont j’ai été journaliste citoyen a accru cette utilisation. Ce fut l’une des expériences les plus passionnantes que j’ai eu à vivre. J’ai commencé à utiliser les réseaux sociaux un peu plus de 2 ans certes, mon activité de blogueur a quant à lui débuté depuis peu. Pendant longtemps ces outils me servaient surtout pour la distraction. Ignorant de fait toute leur portée si on en faisait une utilisation beaucoup plus professionnelle. Et cela a débuté lorsque de temps en temps je faisais des livetweet  (couverture en ligne d'évènement grâce à Twitter). Cette forme d’utilisation a connu un pic lors de ma participation au concours Yoblocoawards qui a amorcé en même temps mon activité de blogueur. Dès que j’ai eu échos du recrutement par le CTA (Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale) de journalistes citoyens pour la conférence Fin4Ag14, je n’ai pas hésité à postuler. Mais pour autant je n’étais pas assez confiant .Puisque je n’ai auparavant pas eu à faire un travail similaire et pour un événement d’une telle envergure. C’est donc avec surprise que j’ai reçu le mail me signifiant que j’ai été choisi et cela sur 694 postulants. Cela me rassurait un peu. Et donc je me disais que je devais répondre au critère pour pouvoir être dans les 15 journalistes citoyens choisis. 
Ces 15 jeunes, venus des pays ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique), ne sont mus que par leur grand intérêt à communiquer sur l’agriculture. 15 jeunes qui seront, au retour dans leur pays, les portes étendards d’une révolution du financement des chaînes de valeur agricoles. Au-delà de ces jeunes c’est toute la communauté à laquelle ils font partie qui était ciblée. Et c’est cette grande capacité de notre équipe à embarquer les gens dans les discussions de la conférence qui me fascinait. Communiquer sur l’agriculture n’est pas toujours chose aisée. C’est un regard critique que j’ai aujourd’hui sur mes propres écrits. Et ceci grâce à cette expérience de journalisme citoyen que m’a offert le CTA. C’est aussi un réseau assez dynamique de personnes gravitant autour de l'agriculture que je me suis construit. Dès lors qu’il est possible avec le blogging de se construire une réputation et donc d’ouvrir des partenariats qu’on ne soupçonne même pas parfois.

S’agissant du financement des chaînes de valeurs agricoles. Il est vrai que les choses sont en train de bouger dans les pays ACP. Mais pas au même rythme. En effet, j’ai été stupéfait par le nombre d’applications web-mobile au Kenya. Comparé à mon pays le Sénégal, où j’ai presque l‘impression qu’on ignore encore la portée des TIC. Fin4Ag14 se proposait donc d’harmoniser les positions. D’apprendre de ceux qui ont réussi et surtout de faire émerger des solutions. Comme l’a fait savoir Michel Hailu, directeur du CTA, cette conférence se distingue des autres. En ce sens que « nous sommes venus à Nairobi pour trouver des solutions et non s’épancher sur les problèmes ». Des solutions ont émané des quatre coins des pays ACP. Et il est à remarquer que les défis des pays ACP en matière d’agriculture restent les mêmes. Des solutions, il y'en a eu d'assez innovants. Les discussions ont porté sur les prêts agricoles innovants aux modèles d’atténuation des risques en passant par l'amélioration de l'environnement des chaînes de valeurs par les TIC. Un aperçu sur les différentes sessions de la conférence par ici  http://blogs.cta.int/

Les 2 jours de formation sur l’utilisation du blogging et des réseaux sociaux pour couvrir la conférence m’ont été d’un grand apport. C’est un condensé d’outils 2.0 que j’ai pu apprivoiser. Le partage de texte, audio, présentation en passant par les vidéos, rien n’a été laissé en rade. Ma plume s’est fortement aiguisée aussi. Et je l’avoue, lorsque j’ai envoyé le draft de mon premier article à l’équipe d’éditeurs, j’étais assez nerveux. Dès la réception des corrections, je me suis arrêté pour me demander : suis-je réellement blogueur? Il y avait ainsi trop de détails que j’avais négligés jusque-là. Un titre court et parlant, des photos ou vidéos pour illustrer, des sous-titres, bref un peu de tous les ingrédients qui faisaient un bon article. Ainsi, au-delà des compétences que me procurent ma formation d’agronome, de nouvelles compétences viennent s’ajouter. Le défi de la couverture en ligne de Fin4Ag14 a été relevé. Ceci grâce à la bonne coordination dans l’équipe de journalistes citoyens ainsi qu’à son dynamisme. Le temps est venu pour un changement de paradigme en matière de financement de l’agriculture. Les jeunes sont les seuls capables d’amorcer cette révolution. Nous ne serons jamais assez redevables au CTA pour cette opportunité d’être actif et non passif. Il est vrai que ma formation me donnera le bagage technique de l'agriculture. Mais il est aussi intéressant de mettre à profit ces connaissances en le partageant convenablement. Le journalisme citoyen n'est pas seulement écrire des tweets, des articles ou partager des posts sur Facebook c'est un apprentissage et une pratique quotidienne. Tout ceci pour communiquer sur l'agriculture d'une manière beaucoup plus efficiente.

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